Le sujet barré

Sujet barré

Le sujet barré désigne le quotient de la division, c’est-à-dire la part du sujet (sujet que l’on a défini comme une entité ternaire) pouvant s’associer à des signifiants, celle qui est marquée par le signifiant.

C’est souvent le sujet barré lui-même que l’on évoque implicitement chaque fois que l’on parle simplement du sujet. Bien sûr, cet énoncé formule un raccourci puisqu’il semble considérer le reste comme partie négligeable — ce qu’il n’est pas au contraire, et c’est justement l’objet du modèle lacanien. Par contre, ce raccourci se révèle utile si l’on se préoccupe avant tout de l’ex-sistence du sujet parmi d’autres, ou bien des structures sociales des communautés d’êtres humains, c’est-à-dire de ce que l’on appelle l’humanité. Le sujet barré détient en effet l’élément social du sujet.

Le terme « sujet barré » est un groupe nominal insécable. La notation lacanienne du sujet barré utilise un « S » majuscule, barré (« marqué ») par une barre oblique (la barre du langage, qui matérialise la division) :

La notation lacanienne du sujet barré utilise un « S » majuscule, barré par une barre oblique


Rôle du signifiant

Le sujet humain étant aliéné à la structure du langage, « il est certain qu’il n’y a de sujet que barré », donc déterminé par le langage et associé à des signifiants dans le champ de l’Autre ; « sinon il ne serait pas humain ».

Le sujet barré s’insère dans le langage qui lui procure la représentation par un signifiant — un signifiant parmi d’autres qui ne prend sens que dans sa relation avec d’autres signifiants du grand Autre. Ce signifiant n’est pas identifiable en tant que tel, mais par son rôle de représentant dans la structure.

Le sujet barré s’insère dans le langage qui lui procure la représentation par un signifiant

Le sujet s’insère dans le langage

Références

Séminaire 5 : [page 189] […] il n’y a pas de sujet s’il n’y a pas de signifiant qui le fonde.

Séminaire 5 : [pages 430-431] […] un sujet divisé, ce qui est de la nature même du sujet humain.

Séminaire 10 : [page 178] […] il n’y a de sujet que par le signifiant, le passage au signifiant.

Séminaire 11 : [pages 188-189] Le signifiant se produisant au champ de l’Autre fait surgir le sujet de sa signification. Mais il ne fonctionne comme signifiant qu’à réduire le sujet en instance à n’être plus qu’un signifiant, à le pétrifier du même mouvement où il l’appelle à fonctionner, à parler, comme sujet.

Séminaire 14 : [séance du 12/04/1967] […] la structure, c’est que le sujet soit un fait de langage […]

Petit discours aux psychiatres de Sainte-Anne : […] il y a du sujet seulement et uniquement après qu’il y ait eu du signifiant.

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