Pour pouvoir penser, il faut d’abord vivre

Pour pouvoir penser, il faut d’abord vivre. Malgré le doute qui le hante lors du cogito, le sujet doit concéder que le « je pense » est tributaire du « je suis » de l’être, c’est-à-dire que le psychisme ne peut se développer qu’au dessus de la physiologie, de la part corporelle.

Empreinte biologique

Par exemple, la mémoire et la perception constituent des outils psychiques actionnant les rouages nécessaires à la vie intellectuelle et sociale du sujet barré ; néanmoins, leur fonctionnement élémentaire s’appuie sur des associations de neurones, ainsi que l’explique la science. De même, les processus psychiques de l’inconscient reposent physiologiquement sur des activités neuronales qui ne sont pas indifférentes aux rythmes de la nature, et qui sont influencées par les équilibres ou les déséquilibres hormonaux.

Les avancées importantes des neurosciences ont apporté des progrès essentiels dans la compréhension des aspects biologiques du psychisme, et dans la découverte de médicaments adaptés aux soins psychiatriques.

Effet du langage

Cependant, tout en reconnaissant sans aucun doute le réel de la physiologie ainsi que la dépendance effective du sujet par rapport aux composantes du corps que manipule la biologie — les neurotransmetteurs, les hormones, les synapses, etc. —, il serait insuffisant de réduire une description des mécanismes de la pensée à une démarche qui accorderait une souveraineté absolue au matérialisme physique. En effet, via la perspective ternaire sur laquelle se base la division, la structure du langage a pour rôle de fournir par surcroît la dimension inter-signifiante, ajoutant une autre « classe de réflexion » sur le système psychique et offrant ainsi un niveau d’abstraction plus élevé.

La mémoire et la perception constituent des outils psychiques actionnant les rouages nécessaires à la vie intellectuelle et sociale du sujet barré ; néanmoins, leur fonctionnement élémentaire s’appuie sur des associations de neurones, ainsi que l’explique la science.

Le signifié est la cause du signifiant

Références

Séminaire 10 : [page 127] Qu’est-ce que l’objet petit a au niveau de ce qui subsiste comme corps, et qui nous dérobe en partie, si je puis dire, sa propre volonté ? Cet objet petit a, c’est ce roc dont parle Freud, la réserve dernière irréductible de la libido […]

Séminaire 16 : [page 160] […] le sujet pensant s’aperçoit qu’il ne peut se reconnaître que comme effet du langage […] le sujet, avant d’être pensant, est d’abord le petit a.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *